L'EDITO
du 31-12-2007
La star de l’année ? Carla Bruni évidemment. Et qui tiendra le premier rôle dans ce feuilleton pipole ? Sarko inévitablement. Qui va bouffer de la vache enragée ? Vous et moi, indubitablement. 2007 est mort. Vive 2008 en pire. Mauvaise langue ? Tout dépend du côté du manche derrière lequel on se trouve. Travailler plus pour gagner plus ? Ben voyons, rêve ! Trop fort notre homme-araignée national. Toujours là quand il faut, enfin, quand il y a les caméras. Pendant ce temps, on attend mieux. On ne demande même pas 170% d’augmentation. 10%, ce serait déjà pas mal.
À part ça ? Quoi de neuf chez nous, les LGBT ? Pas certain que ce soit mieux. On a normalisé nos représentations. On n’a plus rien ou pas grand-chose à réclamer, exiger, revendiquer. Plus besoin de se travestir pour réveiller les consciences. Même pas drôle ! C’est devenu d’un ennui à crever. On cherche désespérément de bonnes raisons de nous singulariser. Lorsqu’on regarde du côté de l’étranger, évidemment, on repère d’excellents arguments pour nous indigner. Du grain à moudre. Mais au fond, dans nos quotidiens, le gâteau des Rois se présente ennuyeux comme un désert sans nom, maigre comme une crêpe de Chandeleur. Allez mitonner une fête avec tout ça.
On finit par ne trouver nos menus bonheurs que sur Internet. Si si. Faut pas le nier. La preuve, l’écran de nos ordinateurs remplace largement notre temps disponible pour la bouillie télévisuelle. Bien sur, chacun connaît quelques vieilles peaux attardées qui badent chaque soir sur le malheur du monde et avalent quelques publicités pour la lessive. Parfois, une rencontre, de temps en temps un espoir, avec parcimonie une espérance, par petites touches, des rêves nous aident à survivre. Mais enfin, quelle époque ! Entre otages et attentats, informations tamisées et langues de bois, résistants aux pieds plats et révolutionnaires de pacotille, il est difficile d’y voir clair et de voir le ciel bleu derrière la couche brumeuse de nos pollutions généralisées. Comme l’illustrait un dessin du Monde Diplomatique cette année : Ils ont gagné de l’argent à la réchauffer, maintenant ils vont en réclamer pour la refroidir. Les sacs plastiques aux caisses sont désormais payants, l’écotaxe s’universalise, mais je vous jure que s’ils taxent le sexe et le rire, je paie. Pour le reste, je continuerai de gruger comme toutes celles et tous ceux qui ne s’estiment pas particulièrement privilégiés. La résistance à la petite semaine finira par grossir le fleuve des insatisfaits permanents.
Mauvaise Année 2007 et
Bonne Année 2008.
Faut’l dire vite et l’espérer très fort.
Volez cotillons ! Soufflez pipos !
Lionel DUROI pour
Gayvox .com