News   |   Agenda   |   Guide   |   Galeries   |   Rencontres   |   Forums   |   Liens   |   Mon Gayvox
Mercredi 28 février 2007 03:45
Membre
Pseudo
Mot de passe

Mot de passe oublié ?
Inscription
Partenaires
Nous contacter
F.A.Q.
Hotline
Nous écrire
Triangul’ère N°6, la revue gayGay CultureLittérature
Vos commentairesLire commentaires [0]

Triangul’ère N°6, la revue gay

Triangul’ère N°6, la revue gay.

Une nuée de sujets relatifs à l’art homo dessine le fil rouge d’un exemplaire de Triangul’ère. Dans le numéro 6 paru en décembre 2006, l’éditeur, Christophe Gendron, ne déroge pas à l’objectif qu’il s’est fixé. Il nous permet de voyager dans le temps magnifique des décennies qui ont procédé à ce que nous sommes devenus face à la norme, au nombre. Pour celles et ceux qui atteignent la quarantaine et plus, l’éveil de la nostalgie tracera des ombres autour des fantômes.
Plus de 280 pages colorées de photos, dessins et textes aux sujets approfondies. Une réalisation magnifique. Au sommaire, la LGBT Historical Society de San Francisco, comme un contre exemple du peu de cas que font nos édiles en France des archives LGBT. Un collectif d’artistes qui revisitent les marins et leur univers plus ou moins fantasmé. L’homophobie voyageuse, le nu masculin en Chine etc. Même les quelques pages de publicités créatives n’enlèvent rien à l’exercice d’une publication classe et de poids ! Enfin, la magistral interview du créateur de la revue Arcadie. A collectionner absolument !

Au travers l’entretien (rarissime) accordé par André Baudry, maître d’œuvre de la revue majeure que fut Arcadie, Triangul’ère vous transporte au cœur de presque trente années d’homosexualité (de 1954 à 1982). Comme le stipule l’introduction, il s’agit de capter la nuance (de taille pour cette génération) entre secret et discrétion. Certes, l’époque des mouches piégeuses et cafteuses dans les jardins des Tuileries avait officiellement disparu, il n’en demeurait pas moins que l’homosexuel devait se cacher pour vivre ou survivre. Question de position sociale, de moyen ou de solidarité intergénérationnelle. Les vieux et les pauvres trouvaient leur place dans des échanges à la mesure des désirs défendus. Il fallait bien « faire avec ». Lisez cet interview pour apprendre que la vente en librairie de cette revue avait été interdite aux moins de 21 ans par le ministère de l’intérieur jusqu’en 1974.
Vous retiendrez aussi comment André Baudry était surveillé par la police, comment le chantage le guettait à tous les étages en commençant par sa concierge et le fils de celle-ci. Les soupçons de pédophilie allaient bon train. À titre personnel, j’ajoute que certains cerbères n’ont pas vraiment changé. Ma gardienne croit toujours qu’elle détient le pouvoir d’ouvrir mon courrier, de le détourner et même de me menacer de l’enfer si je ne quitte pas l’immeuble. Tout n’est donc pas gagné. Un gros travail des consciences est encore à réaliser. Une évolution n’en chasse pas forcément une semblable. Elle fait naître de nouveaux besoins à combler, des discriminations à araser.
Vous découvrirez dans ce long entretien d’André Baudry sur quel mode s’établissaient les relations avec la force publique, la justice, l’église, les hommes politiques. Vous apprendrez aussi de quels sujets on traitait à l’époque. Ils n’ont pas beaucoup changé. Les échanges avec les parents, les jeunes, les vieux, tout cela relevait de questions à résoudre, d’interrogations à porter, d’activités à diriger. Les souffrances des uns et des autres se régulaient au mieux des possibles au regard d’un temps qui ne laissait pas beaucoup d’espace de liberté aux homosexuels en général.
À la radio, à la télévision, dans les tribunaux, même en loge maçonnique, André Baudry n’a cessé d’arpenter les couloirs de l’ignorance aussi épaisse que les interdits absurdes. Le contenu de la conversation avec Christophe Gendron permet de comprendre la position du fondateur d’Arcadie. Homme droit, on lui imputait de ne pas se positionner vraiment à gauche. Pour autant, rétrospectivement, peut-on reprocher à ceux qui ont mené le débat jusqu’aux frontières de nos jours (heureux ?) d’avoir déployé autant d’efforts de manière à ce qu’aujourd’hui la situation des homos soit un minimum apaisée ? Afin qu’on puisse en parler autrement en 2007, il fallait qu’un début naisse quelque part et que ça décoince, ne serait-ce qu’un peu aux entournures. Ça manque encore de souplesse ? Qu’à cela ne tienne. Au moins, nous savons ce que nous avons à accomplir, tous les jours, chacun avec nous-mêmes et avec les autres, pour qu’évoluent les mentalités. Par petites touches, il s’agit de faire mouche.

Acheter Triangul’ère N°6 sur Adventice

Lionel DUROI pour Gayvox.com

fev 2007




home | plan edito | agenda | guide | galerie photos | rencontre | forum | liens | mon gayvox 
Charte et conditions d'utilisation | Hotline
© Matchmedia 2007